Coup de projecteur

Histoire du jumelage de l'UD-CGT de Loire-Atlantique
avec la régionale du FDGB de Schwerin
(Première partie)
(Première rédaction : 27 juin 2012 - dernière mise à jour : 21 juillet 2012)

Pour beaucoup de Français, les "relations franco-allemandes" d'avant 1990 se résument sans doute aux "couples" de Gaulle - Adenauer, Georges Pompidou - Willy Brandt, Valéry Giscard d'Estaing - Helmut Schmidt, François Mitterrand - Helmut Kohl, au traité de l'Elysée de 1963, à l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ). Autant de références aux seules relations entre la France et la République fédérale d'Allemagne.

C'est oublier, comme l'a montré le professeur Ulrich Pfeil dans sa thèse ("Die 'anderen' deutsch-französischen Beziehungen - Die DDR und Frankreich 1949-1990"), qu'il y a eu aussi dans cette période d'"autres relations franco-allemandes", celles entretenues par la France et le deuxième Etat allemand : la République démocratique allemande (RDA). Comme l'a montré Ulrich Pfeil, ces relations ne se sont pas limitées à des relations au sommet, d'ailleurs assez peu développées pendant toute la période où la France ne reconnaissait pas la RDA. Elles ont également été portées par des partis politiques, des syndicats, des associations.

Dans ce cadre, la CGT a joué un rôle non négligeable pour faire connaître l'"autre Allemagne" aux syndiqués et aux travailleurs français. Je me propose de l'étudier à travers un cas : l'histoire du jumelage de l'UD (Union départementale) de la CGT de Loire-Atlantique avec l'organisation régionale de la confédération syndicale de RDA (le FDGB) du Bezirk (district) de Schwerin.

Ce travail a été rendu possible grâce au Centre d'histoire du travail de Nantes, qui conserve une partie des archives de la CGT locale. Elles contiennent un intéressant fonds sur cet aspect de l'activité de l'UD (correspondance, circulaires, notes, comptes-rendus de délégations en RDA, photos, brochures diverses).

Pour faciliter la lecture de cette étude, j'ai séparé les notes relatives aux sources (notes infrapaginales numérotées) des notes apportant des précisions, des explications complémentaires ou reproduisant des documents, accessibles dans des fenêtres par simple clic sur des liens (portions de texte en rouge, à ne pas confondre avec les sous-titres en gras).

Guerre froide, division de l'Allemagne, division syndicale

Le 7 octobre 1949 naissait, dans l'ancienne zone d'occupation soviétique en Allemagne, la République démocratique allemande (RDA). Le 23 mai de la même année avait été créée, dans les zones occupées par les puissances occidentales (USA, Grand-Bretagne, France), la République fédérale d'Allemagne (RFA). La division de l'Allemagne, conséquence de la Guerre froide, était consommée. Elle allait durer plus de 40 ans, jusqu'à la "réunification" du 3 octobre 1990, qui se traduisit en fait par la disparition de la RDA et son absorption par la RFA.

Chacun des deux Etats allemands avait son propre système politique, économique et social. Le capitalisme régnait à l'ouest, en RFA, tandis qu'à l'est la RDA décidait, en juillet 1952, de "construire le socialisme".

Avant même la création des deux Etats, les partis politiques et les syndicats allemands se trouvèrent scindés du fait de l'existence des zones d'occupation.

En avril 1946, dans la zone d'occupation soviétique, le Parti communiste allemand (KPD) et le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) avaient fusionné pour créer la Parti socialiste unifié d'Allemagne (SED).

Dès le 10 juin 1945, les Soviétiques avaient autorisé la création de la Confédération des syndicats libres allemands (Freier Deutscher Gewerkschaftsbund, FDGB). Le congrès fondateur eut lieu du 9 au 11 février 1946. A l'ouest, en revanche, les puissances occupantes étaient contre une centralisation trop rapide du mouvement syndical et privilégiaient la création de syndicats locaux et d'entreprise. A l'inverse, la FSM (Fédération syndicale mondiale), se prononçait pour une organisation syndicale couvrant l'ensemble de l'Allemagne. Elle en faisait même une condition pour l'adhésion à la Fédération, ce qui ne l'empêcha pas, en juin 1947, d'admettre en son sein le FDGB.

Du 12 au 14 octobre 1949, le Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB), la confédération syndicale occidentale, tenait son congrès fondateur, entérinant ainsi la division du syndicalisme allemand, qui épousait en fait la division politique de l'Allemagne en deux Etats.

Cette division tenait aussi à de profondes divergences sur le rôle des communistes à la tête des organisations syndicales et sur des sujets de politique internationale. Ainsi, en mai 1948, le FDGB avait-il refusé, lors de la VIIIe Conférence syndicale interzones, le plan Marshall, approuvé par les syndicats de l'ouest. La création, le 7 décembre 1949, de la Confédération internationale des syndicats libres consacrait la division du mouvement syndical international. La FSM regroupait les syndicats des pays de l'est et les syndicats des pays occidentaux proches de ou contrôlés par les communistes. La CGT française et le FDGB est-allemand restèrent à la FSM. Dans le cadre de la Guerre froide qui commençait ils se retrouvaient donc dans le même "camp".

En France, le Parti communiste et la CGT portèrent bien évidemment une attention particulière à ce qui se passait dans l'est de l'Allemagne, où semblait naître une société nouvelle proche de leurs propres conceptions. Les deux organisations établirent donc des relations avec leurs homologues est-allemands, sans pour autant négliger les rapports avec le Parti communiste allemand et la confédération syndicale d'Allemagne de l'ouest.

1950-1965 : développement de l'"alliance de combat" entre la CGT et le FDGB

Apparemment la CGT n'avait guère de relations avec le FDGB avant la création de la RDA. Mais, le 22 octobre 1949, elle adressait à son homologue est-allemand un télégramme de félicitations à l'occasion de la création de la RDA. Et très vite des relations plus étroites allaient se nouer entre les deux organisations, au point qu'elles allaient devenir l'une pour l'autre le partenaire international le plus important.

L'élément accélérateur de ce rapprochement fut l'analyse faite par l'URSS et le mouvement communiste – ainsi que le mouvement syndical qui lui était lié –, selon laquelle une coalition mondiale antisoviétique, dirigée par les USA et utilisant l'Allemagne occidentale comme "plate-forme d'agression" était en formation. [Document : Le parti communiste français et le plan Schuman]

Les 14 et 15 juin 1950 le FDGB et la CGT se réunissaient à Berlin et signaient une très longue "déclaration commune" affirmant leur volonté "de réaliser une collaboration efficace entre les classes ouvrières française et allemande pour l'établissement d'une paix solide et durable, la lutte contre la renaissance du fascisme et la défense des intérêts vitaux des salariés".

Le plan Marshall et le "plan Schuman" y sont présentés comme des éléments d'une politique agressive visant à préparer "une nouvelle guerre impérialiste dirigée contre l'Union soviétique et les démocraties populaires". La question de la défense de la paix occupe l'essentiel de ce document. La "régression sociale" et la "surexploitation des travailleurs" sont bien évoquées, mais en lien étroit avec le "programme de guerre" des occidentaux et la "préparation de la guerre antisoviétique". Et c'est sur la question de la guerre que conclut le texte, qui affirme la certitude de la CGT et du FDGB "qu'en unissant leurs forces, dans une amitié sincère et mutuelle, les travailleurs [français et allemands] réussiront à mettre en échec les plans des instigateurs de guerre".

C'est aussi essentiellement à travers le prisme de la défense de la paix qu'est présenté le rôle de la RDA :

"Les représentants de la C.G.T. française saluent la création et le renforcement de la République démocratique allemande.
En extirpant impitoyablement les racines du fascisme et de l'impérialisme, en sapant les bases du militarisme allemand, en appliquant loyalement les accords de Potsdam, elle a renforcé le camp des défenseurs de la paix.
Les représentants de la C.G.T. française souhaitent vivement que la République démocratique allemande remporte des succès encore plus grands dans le développement démocratique de son économie ; ils souhaitent l'unification complète et l'indépendance de l'Allemagne sur les bases démocratiques et pacifiques qui sont celles de la République démocratique allemande et la réalisation de l'unité syndicale dans toute l'Allemagne.
Ainsi seront écartés à jamais le spectre des guerres entre les peuples allemand et français et les menaces d'invasion qui ont pesé si longtemps sur nos populations."

Et, "dans le but de coordonner l'action des travailleurs allemands et français", les deux organisations décident :

"1°/ de renforcer en France et en Allemagne l'action des travailleurs pour la défense de la paix conformément aux récentes décisions du Comité Exécutif de la F.S.M. ;
[…]
2°/ de combattre en France et en Allemagne la tentative de concentration, sous la direction des capitalistes américains, de l'industrie du charbon et de l'acier de la France, de l'Ouest de l'Allemagne et des autres pays d'Europe occidentale ;
[…]
3°/ de lutter en France et en Allemagne pour l'unité syndicale sur le plan national et sur le plan international au sein de la F.S.M."

Il est important de noter que le texte commun ne prévoit pas seulement une coopération entre syndicalistes français et syndicalistes est-allemands. Il fixe également pour objectif "d'aider les organisations et les militants qui, dans les zones occidentales de l'Allemagne luttent pour l'unification des syndicats allemands" et "d'établir des contacts directs entre les organisations, les militants, les entreprises de France et d'Allemagne et notamment entre ceux des territoires occidentaux de l'Allemagne et ceux de la France".

Pour la réalisation concrète de ces tâches communes la CGT et le FDGB décident "d'établir entre les deux organisations des rapports étroits et de procéder à des échanges d'expérience et à des consultations chaque fois que cela sera nécessaire".

La déclaration du 15 juin 1950 est reprise et adaptée dans certains secteurs, par exemple dans celui de la métallurgie. Le 24 juin, le Parti communiste salue ce "manifeste commun de la C.G.T. et de la Fédération des Syndicats Libres Allemands, qui appelle les travailleurs de France et d'Allemagne à l'action commune contre le plan Schuman" et y voit une "contribution efficace à la défense de la paix". Le texte sert désormais de référence aux deux centrales syndicales et l'anniversaire de sa signature est célébré dans les années qui suivent :

En octobre 1965, pour le quinzième anniversaire de la déclaration de 1950 et à l'occasion du VIe Congrès syndical mondial (de la FSM) à Varsovie (8-22 octobre 1965), les directions nationales de la CGT et du FDGB adoptent un nouveau texte.

Cette "déclaration commune" est beaucoup plus courte que celle de 1950 mais se situe explicitement dans la continuité de ce texte fondateur :

"Les objectifs fixés dans cette déclaration demeurent toujours d'actualité et la coopération fraternelle entre les travailleurs français et allemands et entre leurs organisations syndicales s'impose plus que jamais."

La "dangereuse politique des gouvernants d'Allemagne de l'Ouest", soutenue par l'"impérialisme américain", est violemment dénoncée :

"Les tentatives de ceux-ci [les dirigeants ouest-allemands] d'entrer en possession de l'armement nucléaire, leurs menaces continuelles à l'égard de la République Démocratique Allemande, la remise en cause de la frontière Oder- Neisse et les revendications territoriales formulées à l'encontre de la Tchécoslovaquie, les efforts déployés pour réhabiliter les criminels de guerre, le retour des anciens nazis à tous les postes de commande de l'économie, de l'Etat, de l'armée, de la police, les atteintes de plus en plus graves portées aux droits syndicaux et libertés démocratiques en Allemagne de l'Ouest, tout cela inquiète et indigne les travailleurs de France et de la République Démocratique Allemande."

Le combat pour la paix reste au coeur de l'action commune de la CGT et du FDGB. "Vive la paix !" est, comme en 1950, la dernière phrase de la déclaration. Et selon les deux organisations "la sécurité et la paix en Europe sont indissolublement liées à l'établissement de relations officielles normales avec la R.D.A."

Elles décident :

"- de développer la lutte anti-monopoliste en collaboration avec les syndicats de toute tendance ou affiliation internationale ;

- de renforcer la solidarité aux travailleurs ouest-allemands en lutte pour l'abousissement de leurs revendications démocratiques, économiques et sociales, contre la 'législation d'urgence' ;

- de faire connaître toujours davantage les succès remportés par les travailleurs de la R.D.A. dans les domaines économique, social et culturel ;

- de multiplier les échanges d'expériences entre les deux organisations, à tous les niveaux ainsi que les rencontres entre travailleurs des deux pays ;

- d'intensifier l'action pour la reconnaissance de la R.D.A., la levée des mesures discriminatoires et le développement des échanges commerciaux entre la R.D.A. et la France."

Premiers contacts entre l'UD-CGT de Loire-Atlantique et le FDGB du Bezirk de Schwerin

Dès le mois de juillet-août 1965, 20 jeunes de Loire-Atlantique s'étaient rendus en vacances en RDA, profitant de l'invitation lancée par le FDGB à 650 jeunes Français membres de la CGT. [1]


L'accord d'octobre 1965 vise à donner un nouvel élan aux relations entre la CGT et le FDGB. Désormais, la CGT y accorde une atttention toute particulière, notamment en organisant des réunions des UD jumelées avec des organisations régionales du FDGB.

La première devait avoir lieu dès le mois de novembre 1965. Remise à une date ultérieure en raison de l'état de santé de Germaine Guillé, secrétaire confédérale de la CGT, responsable du département international [2], elle se tient finalement le 15 février 1966. L'UD de Loire-Atlantique y est représentée, car un processus de jumelage avec le FDGB du Bezirk (district) de Schwerin, situé dans le nord-ouest de la RDA, est en cours depuis déjà quatre mois (mi-septembre 1965), à l'initiative de Germaine Guillé, qui répondait à une demande des Allemands :

"Dans le cadre de nos relations avec le FDGB, Confédération des Syndicats Libres de la République Démocratique Allemande, un certain nombre de nos UD ont conclu, avec des organisations régionales de RDA, des accords de jumelage qui s'avèrent extrêmement positifs.

Ils ont notamment pour but, par l'échange de correspondance et surtout l'envoi de délégations de militants des UD et de nos syndicats, de faire connaître à nos camarades les réalisations de la RDA, la situation des travailleurs et du peuple et aussi de porter à la connaissance de nos camarades Allemands les conditions de travail et la situation réelle faites à notre classe ouvrière par le patronat et le pouvoir.

Dans ce cadre, le FDGB nous propose de jumeler leur organisation régionale de Schewerin [sic] avec une de nos UD. En raison d'une certaine similitude d'industries, nous vous proposons ce jumelage.

Les principales sont : construction de bateaux fluviaux, industrie alimentaire, agriculture, matériaux de construction." [3]

Le 22 septembre, le bureau de l'UD unanime répond favorablement et remercie la confédération d'avoir pensé à la Loire-Atlantique. [4] 

Du 8 au 22 octobre 1965, Germaine Guillé participe au VIe Congrès syndical mondial à Varsovie et en profite pour communiquer l'accord de l'UD à la direction nationale du FDGB. [5]

Le 11 janvier 1966, Kurt Meier, président de la régionale du FDGB de Schwerin, propose à l'UD d'envoyer une délégation de trois militant(e)s de Loire-Atlantique pour un premier "échange d'expériences" et une première prise de contact du 29 avril au 6 mai. Ce serait l'occasion de commencer à mettre en œuvre les décisions et déclarations des directions nationales de la CGT et du FDGB. [6]

Dans le même courrier, il présente de manière détaillée le Bezirk de Schwerin :

"Notre Bezirk de Schwerin est situé dans la partie nord-ouest de notre république, à proximité immédiate de la frontière d'Etat avec l'Allemagne de l'ouest. 622.968 habitants vivent sur une superficie de 8.671 km² (8 % du territoire de la RDA).

Avant 1945 notre Bezirk était un Bezirk essentiellement agricole dominé par les grands propriétaires fonciers en retard de plus de 100 ans par rapport aux autres parties de l'Allemagne.

Le village était la partie la plus arriérée. Dans de nombreux villages il n'y avait pas d'éclairage électrique, pas d'adduction d'eau, pas d'école. 62 % de l'ensemble du sol était entre les mains des Junkers et des grands propriétaires terriens, alors que 10,8 % seulement étaient exploités par 34.000 petits et moyens paysans (0,5 à 20 ha).

Il n'y avait pas d'entreprises industrielles de quelque importance. En conséquence, l'influence de la classe ouvrière était également réduite.

Après la victoire de l'armée soviétique sur le fascisme hitlérien en 1945 notre Bezirk connut, comme l'ensemble de la République, dans les conditions du pouvoir ouvrier et paysan sous la direction du Parti socialiste unifié d'Allemagne, un essor impétueux.

Aujourd'hui, notre Bezirk est un Bezirk industriel et agricole moderne, mais dont le secteur productif principal reste l'agriculture. Aujourd'hui, 96,3 % de la surface agricole utile est exploitée par des entreprises agricoles socialistes. Mais à côté il y a une série d'entreprises industrielles totalement nouvelles, comme l'Usine de câbles Nord, l'usine de plasturgie, les usines Klement-Gottwald, l'usine de lait de longue conservation, la sucrerie de Güstrow, l'usine de plateaux de particules de Mallis, pour ne citer que quelques-unes.

Ce développement a naturellement eu aussi pour conséquence un renforcement important de l'influence de la classe ouvrière et de son organisation de classe, le FDGB. Ainsi, l'organisation syndicale du Bezirk a aujourd'hui un effectif d'environ 170.000 membres. Soit la très grande majorité de tous les travailleurs oeuvrant dans la production matérielle, le commerce, les écoles, les administrations et les institutions.

Notre travail principal en tant qu'organisation syndicale se concentre sur le travail avec nos travailleurs, l'élevation de leur conscience pour répondre à leur grande responsabilité nationale, qui est de faire que plus jamais une guerre ne parte du sol allemand, pour renforcer leur République économiquement et politiquement dans l'émulation socialiste de masse et pour consolider l'internationalisme prolétarien. Tout cela est une contribution au combat pour assurer la paix en Europe. En même temps, nous nous efforçons d'améliorer constamment les conditions de vie et de travail de nos travailleurs.

Actuellement tous les travailleurs de notre République se préparent pour le 20e anniversaire de la création du Parti socialiste unifié d'Allemagne, qui a su réunir toutes les forces démocratiques dans le Front national de l'Allemagne démocratique, qui montre à tous les Allemands la voie pour une solution de la question nationale en Allemagne et dont l'objectif est de rendre plus belle et plus riche la vie en construisant dans tous les domaines le socialisme dans notre République.

Ceci était un coup d'oeil rapide et concentré sur notre Bezirk."
[Traduction : Jacques Omnès]

Première rencontre en RDA - Elaboration du "pacte d'amitié"

Par courrier du 28 février 1966, l'UD accepte d'envoyer une délégation de la direction départementale en RDA pour le Premier Mai. Le FDGB s'en réjouit et propose de voir sur place avec les délégués de la CGT eux-mêmes le programme du séjour, mais prépare néanmoins déjà des visites d'entreprises industrielles et agricoles, d'institutions à caractère culturel et social et la participation aux cérémonies officielles de la Fête des Travailleurs. Et surtout les syndicalistes allemands suggèrent que la délégation de la CGT et les responsables du FDGB de Schwerin élaborent un "pacte d'amitié ("Freundschaftsvertrag") qui pourrait ensuite être ratifié lors d'une rencontre des responsables des deux organisations [7]

C'est donc à l'occasion du Premier Mai 1966, qu'a lieu la première rencontre entre des militants  de l'UD-CGT et le FDGB de Schwerin. La délégation est composée d'Albert Crenn, membre du secrétariat de l'UD, qui conduit la délégation, Nicole Le Brizaut, membre du bureau de l'UD et de la Fédération nationale de l'alimentation, Pierre Bily, secrétaire du syndicat des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire et membre du comité exécutif de la Fédération nationale de la métallurgie [8]. Le séjour et le voyage retour sont payés par la RDA.

Germaine Guillé regrette qu'un secrétaire de l'UD ou le secrétaire général en personne ne soit pas du voyage, "alors que vous allez vraisemblablement discuter et signer un protocole d'accord". Elle conseille, au cas où la délégation ne pourrait être remaniée, "de ne rien signer, mais de rapporter à la direction de l'UD un projet, voire même un avant-projet de protocole d'accord, dont le contenu serait à discuter avec les camarades les plus responsables de la direction de l'UD" [9].

L'UD suit le conseil de la secrétaire nationale de la CGT. Joseph Windels écrit à Kurt Meier que l'UD est "d'accord pour que soit établi en commun un projet de déclaration afin de lier encore plus étroitement" le FDGB de Schwerin et la CGT de Loire-Atlantique. Il précise : "Ce projet pourrait être soumis aux responsables de notre UD au retour de notre délégation et pourrait être ratifié par nos Secrétaires Généraux." [10]

Selon Kurt Meier, "ce premier échange d'expérience a été très précieux pour nous, car il confirme l'unité de vue de nos deux organisations sur la base de l'accord entre la CGT et le FDGB du 15 juin 1950 et du mois d'octobre 1965." [11]

Les militants de la CGT sont eux-mêmes très satisfaits de cette prise de contact. Roger Rousselot, secrétaire de l'UD, écrit à Kurt Meier :

"Notre plaisir a été grand de voir les Camarades de notre Délégation si enthousiasmés au retour de leur séjour parmi vous.
Plaisir également ressenti par tous les militants réunis lors de notre Comité Général en écoutant le compte-rendu de leur voyage à SCHWERIN." [11a]

L'UD est d'accord pour la signature d'un "pacte  d'amitié", qui "pourrait faire l'objet très prochainement d'une rencontre au sommet" entre les deux organisations. Elle précise "les points sur lesquels la collaboration amicale pourrait s'effectuer" [11b] (annexe IV de cet article).

Suite aux conversations avec les délégués de Loire-Atlantique venus à Schwerin pour le Premier Mai et sur la base de la dernière lettre de l'UD, Kurt Meier propose un projet. Il invite une délégation de trois dirigeants de l'UD-CGT à venir à Schwerin du 7 au 17 décembre 1966 pour une rencontre, au cours de laquelle serait rédigée et signée la version définitive du texte [12].

Le texte proposé par le FDGB est transmis le 4 octobre 1966 par Roger Rousselot à Germaine Guillé. Le jugement de la responsable nationale est très sévère. Elle regrette tout d'abord "la très mauvaise traduction française" qui "en déforme le contenu". Elle le trouve "beaucoup trop long" et "fumeux". Elle préférerait :

"1° une Déclaration Commune courte, claire, concrète, qui restera valable dans le temps ;

2° une annexe détaillée traitant plus particulièrement des invitations pour des délégations (U.D., de catégories de travailleurs, jeunes, femmes, etc..., de syndicats d'industrie, par exemple), annexe renouvelable chaque année qui constituera le plan de travail."

Mais sa critique la plus sévère porte surtout sur le fond :

"A mon avis et c'est la tendance ces [sic] Camarades de la R.D.A., une place beaucoup trop importante est donnée dans de telles déclarations communes 'au revanchisme Ouest-Allemand'. Nous sommes d'accord pour dénoncer la politique de Bonn, mais dans des termes susceptibles d'être approuvés par nos travailleurs, c'est-à-dire sans excès bien que fermement.

Autre problème, que je considère comme une grande faiblesse du projet allemand, c'est qu'il n'y est pratiquement pas parlé de la lutte de notre classe ouvrière, pas plus d'ailleurs des succès remportés par la classe ouvrière de la RDA."

Germaine Guillé se défend en conclusion de rédiger à la place de l'UD un texte à soumettre aux camarades de Schwerin. Elle joint toutefois à son courrier la "Déclaration commune de l'Union Départementale des Syndicats C.G.T. de l'Isère (Grenoble) et de l'Union Départementale du F.D.G.B. de Suhl pour l'année 1966", "qui compte parmi les meilleurs" selon elle et qui "a l'avantage d'être court et contenir les principaux problèmes communs du moment" et qui pourrait "aider" les syndicaliste de Loire-Atlantique "pour soumettre un projet aux Camarades Allemands" [13].


En fait, cette prudence de Germaine Guillé révèle un certain décalage entre la CGT et le FDGB au niveau national. Alors que la confédération syndicale française veut mettre l'accent sur la solidarité des travailleurs allemands et français dans les luttes sociales, son homologue en RDA a surtout pour objectif de dénoncer la politique de la RFA. Dans le compte-rendu de la réunion des UD jumelées avec des régionales du FDGB, organisée le 28 novembre 1966 par le département international de la CGT, il est fait état de
"difficultés" dans le travail avec le FDGB :

"Il y a d'abord le contenu des accords pour les plus récents jumelages. Souvent les camarades Allemands font un projet sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Souvent trop long, manquant de clarté, axé uniquement sur la dénonciation de la politique de Bonn, par contre, il arrive que rien n'y soit dit sur l'aide à apporter aux travailleurs de la R.F.A. Leur lutte contre les monopoles, les lois d'urgences, l'armement atomique, etc.. et tout cela souvent en des termes impubliables dans notre presse pour être compris de nos travailleurs dans les entreprises.

Ceci dit, je voudrais rappeler qu'un des buts de nos jumelages était aussi de tenter des ouvertures en direction des organisations de la R.F.A. Or nous devons dire que nous ne savons pas non plus quels efforts ont été tentés et ce qu'ils ont donné. De toute manière, ce n'est pas sur les problèmes du revanchisme allemand que nous pouvons aborder les travailleurs de R.F.A. , mais plutôt et plus sûrement sur des problèmes économiques et sociaux, sur leurs préoccupations de tous les jours qui sont souvent les mêmes que les nôtres. Ce n'est pas non plus en acceptant de tenir à l'initiative du FDGB de telle ou telle régionale des conférences sur la Sécurité Européenne y compris avec la participation des camarades de la R.F.A., que des contacts sérieux peuvent se prendre.

De telles conférences ne sont pas du ressort des régionales ou des U.D. Mais de celui des Centrales, voire de la F.S.M.

Nos U.D. Ne doivent pas donner suite à de telles propositions qui engageraient des représentants d'organisations de la C.G.T., voire de la CGIL, et des camarades Allemands de l'Ouest sans responsabilité ou en tout cas sans mandat de leurs organisations syndicales." [14]

De fait, la propension du FDGB à utiliser les relations avec la CGT pour faire passer les analyses politiques de la RDA sur la RFA se manifeste dès les premiers contacts avec l'UD. Ainsi, au début de l'année 1966, le FDGB de Schwerin avait-il envoyé à ses camarades français de Loire-Atlantique une documentation du Conseil national du Front national de la RDA sur "les criminels de guerre et criminels nazis" en RFA, qui "démasque" le président fédéral Heinrich Lübke comme "criminel de guerre". Le dirigeant ouest-allemand est accusé de manière très détaillée d'avoir été le "planificateur et constructeur de camps de concentration et de camps de travail forcé fascistes". On lui reproche aussi son soutien aux "Notstandsgesetze" ("lois d'exception"), son rejet des propositions de la RDA pour la paix (rappelées en détail dans la lettre). En conclusion, Kurt Meier estime que la justice ouest-allemande devrait prendre connaissance à Berlin des originaux des documents publiés par la RDA, comme l'a proposé le procureur général de la RDA. Et surtout Kurt Meier sollicite l'avis des syndicalistes français sur l'"affaire Lübke" et exprime la certitude qu'ils sauront prendre leurs propres initiatives sur cette question dans l'intérêt même de la classe ouvrière de leur pays [15].


Le 14 octobre, Roger Rousselot accuse réception de la proposition de pacte d'amitié du FDGB et précise que l'UD apportera éventuellement des propositions et modifications au texte original et que le secrétaire départemental en personne conduira la délégation chargée de signer le pacte. Mais l'UD-CGT, dans l'impossibilité de se rendre à Schwerin en décembre 1966, propose de repousser la rencontre à la fin juin 1967 [16]. Kurt Meier accepte au nom du FDGB et se réjouit du fait que Roger Rousselot, secrétaire général de l'UD, ait décidé de venir en personne à Schwerin pour la signature du "pacte d'amitié" [17].

Signature du pacte d'amitié (25 mai 1967)

Finalement, la délégation de l'UD séjourne en RDA du 19 au 27 mai 1967. Elle est composée de quatre membres : le secrétaire général Roger Rousselot, Joseph Windels, membre du secrétariat de l'UD, Albert Lebon, trésorier du syndicat de la métallurgie de Nantes et Robert Bernier, secrétaire de la section CGT des cheminots [18].

La Schweriner Volkszeitung du 20 mai signale dans un petit encadré en première page l'arrivée la veille d'une délégation de la CGT de Nantes pour un "séjour d'étude".

Les syndicalistes français  arrivent à Schwerin tout auréolés du succès de la grève de 63 jours des "mensuels" de Saint-Nazaire. Ils visitent plusieurs usines (usine de câbles électriques de Schwerin, usine chimique), le dépôt ferroviaire de Wittenberge, un chantier de construction navale à Wismar, un élevage de visons et de renards et une "ferme d'état" [19].

Signal, le journal d'entreprise du dépôt ferroviaire de Wittenberge (ci-dessous), rend compte de la visite des syndicalistes français dans son édition du 2 juin 1967. Il note leur étonnement devant le fait qu'une femme dirige un atelier.


Roger Rousselot prend notamment la parole lors d'une manifestation d'amitié dans l'usine de câbles de Schwerin, le 24 mai. Selon la Schweriner Volkszeitungdu 25 mai, il souligne le fait que de bons résultats dans le cadre de l'émulation socialiste renforcent la RDA et représentent aussi un encouragement et une source de force pour la classe ouvrière française dans le combat pour la paix, contre l'impérialisme et l'exploitation. Effectivement, le syndicaliste français rend hommage à l'oeuvre accomplie en RDA, qui démontre selon lui "de manière éclatante la supériorité du socialisme sur le capitalisme", mais le journal local se garde bien de reprendre ses attaques explicites contre "de Gaulle et son gouvernement de banquiers" (texte intégral du discours en annexe VII de cet article) [19a]. Le gouvernement est-allemand ménage en effet le chef de l'Etat français en raison de sa politique d'indépendance à l'égard des USA.


La délégation française visite aussi le centre de vacances Pierre Semard, géré par le FDGB. Cette ancienne maison de cure a vu passer avant la guerre des hôtes illustres, dont Joseph Goebbels. Mais, contrairement à ce qu'ont cru comprendre les syndicalistes de Loire-Atlantique, elle n'a jamais été la "villa" du dirigeant nazi, comme ils l'affirmeront dans la presse locale à leur retour en France...




Le 25 mai, Roger Rousselot (au premier plan sur la photo publiée dans la Schweriner Volkszeitung du 26 mai 1967) et Kurt Meier, président du FDGB du Bezirk de Schwerin, signent à la maison du FDGB le "pacte d'amitié" entre les deux organisations. Le projet élaboré par l'UD-CGT (annexe V de cet article) est fortement inspiré du texte de l'Isère et s'éloigne de la proposition des Allemands. Le texte définitif reste très proche de la proposition initiale de  la CGT mais inclut des passages sur la situation internationale (annexe VI de cet article).

Retour en Loire-Atlantique

A son retour de RDA, la délégation bénéficie d'une couverture par la presse locale (notamment Ouest France et L'Eclair) qui comble d'aise Joseph Windels :

"Lors de notre retour de SCHWERIN, nous avons été interviewés par la presse régionale.
Cette presse est une presse réactionnaire et il faut noter comme extrêmement positif le fait – que nos déclarations relatant notre voyage – soient passées dans les colonnes de 3 journaux ; cela montre que l'on ne peut plus ignorer plus longtemps la République Démocratique Allemande."
[20]


Roger Rousselot et Joseph Windels font part aux journalistes de leurs impressions.
A propos de l'entreprise agricole, ils notent :

"Les travailleurs participent à la gestion. Ils nomment eux-mêmes le directeur dont le comité est composé de représentants du parti, des syndicats et d'ingénieurs agricoles."

Sur les conditions de travail, les salaires et les avantages sociaux :

"Nous avons été surpris de voir que le rythme de travail est moins important qu'en France. La journée est de huit heures, la semaine de 45 heures et le salarié bénéficie d'un congé le samedi après-midi et le dimanche. Par contre, il quitte son travail avant 16 h.

Nos contacts avec les travailleurs ont été très libres. Nous avons ainsi appris que le salaire moyen net, c'est-à-dire sans S.S. et sans impôt, est de 500 marks, soit 500 francs. Ce n'est guère élevé. Mais les denrées alimentaires, par exemple, sont moins chères qu'en France et une paire de chaussures vaut 30 francs. Seuls certains articles comme les voitures et quelques articles ménagers sont d'un prix élevé.

En contrepartie, le salarié a des avantages sociaux considérables. Les usines comme les fermes possèdent leur propre restaurant où l'on peut déjeuner - fort bien d'ailleurs - pour 60 anciens francs. Le travailleur a la gratuité totale des soins et en cas d'accident, il continue à percevoir 90 % de son salaire. Enfin, son logement ne lui coûte que 8 % environ de son revenu.

La plupart des mères de famille travaillent. Mais chaque entreprise possède crèche et jardin d'enfants où la mère peut laisser sa progéniture toute la semaine pour ne la reprendre qu'au week-end. J'ajoute que les salaires féminins sont absolument identiques à ceux des hommes.

En ce qui concerne les congés annuels, la période varie entre 12 et 24 jours seulement. S'ils le désirent, le travailleur et sa famille peuvent passer leurs vacances dans des centres, qui sont en fait d'anciens hôtels, que l'Etat confie aux syndicats, lesquels en assurent la gestion. C'est ainsi que nous avons eu la possibilité de visiter l'un d'eux : une splendide demeure aux murs de marbre rose, qui n'était autre que l'ancienne villa de Goebbels..."

Le rythme de vie en RDA a également frappé les syndicalistes français :

"Il n'y a aucune précipitation, tant dans le travail que dans les longs temps de détente. Dès 16 h 30, le soir, à la sortie des usines et des bureaux, les rues sont noires de monde. Les gens se promènent sans hâte, comme dans ces promenades dominicales dont les Nantais étaient autrefois si friands, quand ils n'étaient pas encore dévorés par la voiture et le besoin d'évasion qu'elle procure aujourd'hui.

Ce rythme paisible s'explique par l'effort qu'a demandé la R.D.A. à ses travailleurs pour se relever du désastre de la guerre. Cette partie orientale de l'Allemagne qui avait jusqu'alors une vocation purement agricole, a dû entièrement créer son industrie lourde qui, avant 1945, était tributaire des régions de l'Ouest. Et puis elle a payé le lourd tribut de la défaite, car l'Union Soviétique lui a entièrement fait rembourser les dommages de guerre."

Bien entendu, il s'agit aussi de délivrer un message plus directement politique :

"Il ne fait aucun doute que les travailleurs de la R.D.A., du moins ceux avec lesquels nous avons bavardé, sont entièrement d'accord avec le régime actuel et qu'ils n'envisagent nullement de renouer avec le régime capitaliste. Cela ne les empêche pas de songer à la réunification de l'Allemagne, à condition toutefois qu'elle se fasse sur des bases précises, comme celles d'une Confédération par exemple !"

La défense de la paix reste un des thèmes privilégiés :

"Ce voyage [...] a permis aux deux organisations syndicales d'affirmer dans son pacte la nécessité d'une solidarité entière entre travailleurs français et allemands et d'oeuvrer pour développer l'action commune pour la défense de la paix."

Et, regrettant que leurs camarades de RDA ne puissent obtenir de visas des puissances occidentales pour rendre visite aux syndicalistes français, ces derniers affirment leur intention d'accentuer leur effort "pour que la République Démocratique puisse être, à bref délai, reconnue officiellement".

A l'occasion de la signature du "pacte d'amitié", il est également décidé que 20 jeunes de Loire-Atlantique se rendront en vacances en RDA du 21 juillet au 19 août. D'autre part, un programme de délégations de l'UD à Schwerin a été arrêté. Chacune serait composée de trois membres et séjournerait une semaine en RDA :

La délégation intersyndicale d'octobre 1967 devait être composée de responsables des "mensuels" de Sain-Nazaire, qui avaient mené ensemble la grève victorieuse de mars à mai 1967 [21].

A partir de 1967 plusieurs voyages en RDA seront effectivement organisés. Entre 1966 et 1970, 49 militants CGT de Loire-Atlantique faisant partie de 13 délégations iront découvrir les réalités de ce pays et en feront parfois des comptes-rendus détaillés [22].

Nous en parlerons dans une deuxième partie de cette étude.


Jacques OMNES

Annexe I : Déclaration commune CGT-FDGB (15 juin 1950)
Annexe II : Déclaration commune CGT-FDGB (21 octobre 1965)
Annexe III : Déclaration commune de l'UD-CGT de l'Isère et du FDGB de Suhl (1966)
Annexe IV : Propositions de l'UD-CGT de Loire-Atlantique pour une collaboration avec le FDGB de Schwerin (7 juillet 1966)
Annexe V : Projet de pacte d'amitié entre l'Union Départementale C.G.T. du Département de Loire-Atlantique et le Comité Syndical du F.D.G.B. du Département de Schwerin (1967)
Annexe VI : Pacte d'amitié
entre l'Union Départementale des Syndicats C.G.T. du Département de Loire-Atlantique et le Comité Syndical du F.D.G.B. du Département de Schwerin (25 mai 1967)
Annexe VII : Discours de Roger Rousselot à Schwerin (24 mai 1967)


[1] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Circulaire de l'UD de Loire-Atlantique du 12 mai 1965 aux UL, syndicats et commissions des jeunes
[2] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre d'Henri ? Hernio, Département international de la CGT aux UD ayant des jumelages avec la RDA, 25 novembre 1965
[3] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Germaine Guillé à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, 16 septembre 1965
[4] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Roger Rousselot, secrétaire de l'UD-CGT de Loire-Atlantique à Germaine Guillé, 24 septembre 1965
[5] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Germaine Guillé à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, 30 septembre 1965
[6] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Kurt Meier à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, 11 janvier 1966
[7]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre du FDGB à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, s.d. mais postérieure au 28 février 1966
[8]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Joseph Windels, de l'UD-CGT de Loire-Atlantique, à Kurt Meier, 13 avril 1966
[9] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Germaine Guillé à Jean Windels, 22 mars 1966
[10]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Joseph Windels à Kurt Meier, 13 avril 1966
[11] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Kurt Meier à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, 19 septembre 1966
[11a] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Roger Rousselot à Kurt Meier, 7 juillet 1966
[11b] Ibid.
[12] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Kurt Meier à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, 19 septembre 1966
[13]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Germaine Guillé à Roger Rousselot, 11 octobre 1966
[14]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Département International -  Réunion de U.D. jumelées avec des régionales du FDGB - 28 novembre 1966 [14 p. ronéotées]
[15]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Kurt Meier à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, 25 février 1966
[16]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Roger Rousselot à Kurt Meier, 14 octobre 1966
[17]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Kurt Meier à l'UD-CGT de Loire-Atlantique, 24 novembre 1966
[18]
CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Coupures de journaux locaux, s. d.
[19]
Ibid.
[19a] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Manuscrit du discours de Roger Rousselot au meeting du 24 mai 1967 à Schwerin
[20] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Joseph Windels à Kurt Meier, 13 juin 1967
[21] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Lettre de Joseph Windels à Germaine Guillé, 13 juin 1967
[22] CHT Nantes, archives UD-CGT 100, Circulaire de Joseph Windels aux camarades ayant participé à des délégations en RDA, 17 novembre 1970

Bibliographie sommaire

Page mise à jour le 21 juillet 2012