Editorial

"Und wer hilft jetzt dem Westen?" ("Et qui va aider l'Ouest maintenant ?"). Ce titre de couverture du magazine allemand Focus du 1er février 2010 est illustré par un aigle aux ailes déployées, symbole de la RFA, ceint de l'écharpe noire, rouge et or. Mais si l'aile gauche (à droite sur la couverture) est dorée, l'aile droite, toute noire, est affreusement déplumée. Le message est clair : on a beaucoup dépensé d'argent depuis la réunification pour la remise sur pied de la partie est de l'Allemagne aux dépens des anciens Länder de l'ouest et il serait temps d'instituer un nouveau "pacte de solidarité", mais cette fois au profit de villes ouest-allemandes lourdement endettées, dans la Ruhr notamment.

Je ne discuterai pas ici de la pertinence ou non de cette analyse implicite et de cette revendication. Je retiendrai surtout de cette Une que, vingt ans après la "réunification", l'opposition est-ouest est toujours vivace. Ce qui valide l'objectif que se fixe ce site : mieux faire connaître les Allemagnes, avec un accent mis particulièrement sur la partie est du pays (la RDA d'autrefois, les "nouveaux Länder" d'aujourd'hui), que les Français connaissent généralement encore moins bien que la partie ouest.

On trouvera donc dès maintenant dans ces pages des souvenirs personnels sur l'ex-RDA datant de 1964 et 1969. D'autres contributions suivront sur mes séjours de 1967, 1972 et 1990. Progressivement, de nouvelles rubriques viendront compléter le tableau de mes Allemagnes.

La rubrique "langue" est aussi accessible dès maintenant, avec le test linguistique hebdomadaire et le billet consacré à l'actualité linguistique. Elle reprend en partie des pages de mon ancien site et sera mise à jour régulièrement, ainsi que la rubrique "littérature", qui sera consacrée essentiellement à des oeuvres contemporaines de langue allemande. J'y signalerai bien entendu notamment les romans relevant de la "Wendeliteratur" ("littérature du tournant"), qui évoquent la période de la fin de la RDA et de la réunification.

Bonne visite et à bientôt !

Jacques Omnès
(28 février 2010)