Editorial

Jean Ferrat est mort. Quel rapport, vous demandez-vous sans doute, entre ce chanteur engagé, proche du Parti communiste, et l'Allemagne ? Et mes Allemagnes ?

Un rapport anecdotique tout d'abord : je me souviens de cette explication de sa magnifique chanson "La montagne", à laquelle je me suis livré avec des élèves allemands au tout début de l'appariement du lycée Ambroise Paré de Laval avec le lycée de Kreuztal, dans le Siegerland. Cet échange, qui dure encore, aura été une partie de ma vie, l'occasion de relations amicales avec des collègues que je rencontre encore quelquefois. Kreuztal fait partie de mes Allemagnes, de celles que j'aime.

Mais Jean Ferrat et l'Allemagne, c'est aussi "Nuit et brouillard", hommage poignant aux déportés exterminés à Auschwitz par les nazis. Une Allemagne que j'exècre, mais qui, fort heureusement, appartient au passé en dépit de la nostalgie malsaine et criminelle cultivée par certains groupes d'extrême droite.

Et Jean Ferrat, c'est aussi "Ma France". Un hymne à la France de 1789, de la Commune, de 1936, de Mai 1968. Une France rebelle et généreuse à l'opposé de celle de M. Thiers, le fusilleur des communards de 1871, à l'opposé aussi de celle du CAC 40 et de ses traders d'aujourd'hui. On essaie, ces temps-ci, de nous faire croire qu'il n'y aurait qu'une France définie par une "unité nationale" immuable. Il n'en est rien.

Pas plus qu'il n'y aurait qu'une Allemagne. En cette période de crise financière en Europe, l'Allemagne présente elle aussi au moins un double, voire un triple visage :

Au moins trois Allemagnes, donc. Devinez laquelle je préfère...

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Bonne visite et à bientôt !

Jacques Omnès
(14 mars 2010)


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