Editorial

L'Allemagne est très présente ces temps-ci dans la rubrique internationale. D'une part à propos de son attitude à l'égard de l'aide à apporter à la Grèce ; d'autre part, à propos de la présence de troupes allemandes en Afghanistan.

En ce qui concerne la Grèce, Angela Merkel exige du gouvernement de Georges Papandreou un "plan d'économies crédible" - en clair un nouveau tour de vis pour la population grecque - avant de consentir à l'activation du mécanisme de soutien, qui prévoit une aide de 30 milliards d'euros sous forme de prêts bilatéraux accordés par les pays de la zone euro. Il y a à cela sans doute des raisons de principe, mais certains soupçonnent aussi la chancelière allemande d'afficher une grande fermeté sur cette question pour des raisons de politique intérieure : des élections importantes ont lieu le 9 mai en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

En ce qui concerne l'Afghanistan, le débat est ouvert en Allemagne sur la question de savoir si le pays participe à une "guerre" dans l'Hindou Kouch. Comme le rappelle Marion Van Renterghem dans Le Monde du 24 avril, "le mot et la réalité sont tabous dans un pays traumatisé par sa culpabilité pendant la seconde guerre mondiale". Elle rappelle également que le Parlement avait voté en 2001 l'engagement de la Bundeswehr en pensant qu'il se limiterait à une mission humanitaire et de stabilisation de la paix dans une région (le nord du pays) où il n'y avait guère d'affrontements avec les Talibans. La mort de plusieurs soldats allemands et la "bavure" de Kunduz, qui a causé la mort de 142 Afghans, dont des civils, le 4 septembre 2009, sur ordre d'un colonel allemand, ont relancé le débat et la polémique sur l'engagement de l'Allemagne On trouvera un dossier sur la question dans Der Spiegel, n° 16, du 19 avril 2010. Pour resituer le problème dans un contexte plus large, on pourra se reporter notamment à la contribution de Franz-Josef Meiers intitulée "La politique allemande de défense et de sécurité" publiée dans "L'Allemagne unifiée 20 ans après la chute du Mur" aux Presses universitaires du Septentrion sous la direction Hans Stark et Michèle Weinachter.

Et il est temps maintenant de se précipiter sur la rubrique "Quoi de neuf ?" qui vous donnera accès aux nouveautés de la semaine sur ce site...

Si vous le visitez pour la première fois, je vous conseille de consulter la page "Présentation", qui vous en exposera l'objectif et la philosophie.

Bonne visite et à bientôt !

Jacques Omnès
(25 avril 2010)


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