Editorial

Le "couple franco-allemand" est à la Une des journaux en raison de la lettre commune adressée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vendredi dernier au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et au président de la Commission, José Manuel Barroso, pour demander à Bruxelles le renforcement de la "gouvernance économique" européenne.

Peut-on vraiment s'en réjouir ? Je sais bien que, pour certains, tout ce qui ressemble à la remise en marche du "moteur franco-allemand" en Europe est une bonne chose. C'est oublier que si l'on ne peut se passer de moteur pour avancer, il faut aussi se poser la question de la direction que l'on prend. Il n'est pas indifférent de tourner le volant vers la droite ou vers la gauche.

Or, ce que prône le couple-franco-allemand, c'est, notamment, "un renforcement de la surveillance budgétaire dans la zone euro comportant des sanctions plus efficaces pour les procédures de déficit public excessif et renforcer la cohérence entre les procédures budgétaires nationales et le pacte de stabilité et de croissance".

En clair, c'est le gros bâton pour les pays qui ne respecteraient pas les critères de Maastricht. Et on voit malheureusement dès maintenant par quels moyens Monsieur Sarkozy et Madame Merkel envisagent de limiter les dettes souveraines et des déficits publics : tous deux contribuent à imposer des mesures d'austérité au peuple grec et le gouvernement français se saisit de la situation pour justifier l'aggravation d'une politique de diminution des dépenses publiques aux dépens de la masse de la population, mais sans s'attaquer autrement que verbalement à la spéculation et aux titulaires de gros revenus.

On le voit, la bonne entente franco-allemande ne peut être une fin en soi. Nous avons d'ailleurs connu une période où la coopération entre les deux gouvernements est allée très loin... Je ne suis pas sûr que ceux qui l'ont connue - et même ceux qui n'étaient pas encore nés - y pensent avec nostalgie. Loin de moi l'idée de mettre un signe d'égalité entre la période de la "Collaboration" et la situation actuelle. Je veux simplement dire qu'une politique franco-allemande coordonnée ne peut recueillir mon approbation que si elle vise à créer l'Europe véritablement sociale et démocratique que j'appelle de mes voeux.

Et maintenant je vous invite à retrouver dans la rubrique "Quoi de neuf ?" les nouveautés et mises à jour de ce site.

Si vous le visitez pour la première fois, je vous conseille de consulter la page "Présentation", qui vous en exposera l'objectif et la philosophie.

Bonne visite et à bientôt !

Jacques Omnès
(9 mai 2010)


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