Editorial

Au moment même où, il y a une semaine, je procédais à la mise à jour de ce site, un coup de tonnerre ébranlait la vie politique allemande : la démission surprise du président fédéral Horst Köhler. Les raisons invoquées pour justifier cette décision : les réactions très négatives à des propos qu'il avait tenus dans une brève interview en Afghanistan. Interrogé par un journaliste du Deutschlandradio sur la nécessité d'un nouveau mandat pour l'intervention en Afghanistan et la nécessité d'un nouveau discours politique, le président avait notamment déclaré :

"Mais mon appréciation personnelle est que globalement, et même dans l'ensemble de la société, nous sommes en train de comprendre qu'un pays de notre dimension, axé sur le commerce extérieur et donc dépendant du commerce extérieur, doit aussi savoir que dans le doute, en cas de besoin intervenir militairement est nécessaire pour préserver nos intérêts, par exemple la liberté des voies commerciales, par exemple pour empêcher de grandes instabilités régionales, qui ont aussi avec certitude des conséquences sur nos possibilités - des conséquences négatives à travers le commerce, l'emploi et les revenus."

On comprend - en tout cas je comprends - l'indignation provoquée par une telle légitimation du recours à la force armée pour la défense des intérêts économiques allemands à l'étranger. Après de tels propos, la démission de Horst Köhler s'imposait. On me reprochera peut-être de me mêler de ce qui ne me regarde pas : je ne suis pas Allemand. Je précise donc que je ne serais pas choqué, en tant que Français, si des amis allemands exprimaient publiquement leur incompréhension devant le maintien dans notre gouvernement d'un ministre de l'intérieur condamné pour injure raciale...

Beaucoup de Français n'ont sans doute même pas entendu parler de la démission de Horst Köhler. Beaucoup plus encore ignorent sans doute le rôle du président fédéral en Allemagne. J'ai donc mis dans la rubrique "Vie politique et sociale" quelques liens pour leur information.

Je ne saurais conclure cet éditorial sans dire le plaisir et la fierté que me procure l'acceptation de Jean-Claude François, professeur émérite de la section d'allemand de l'Université de Nantes, de collaborer à ce site. Il nous livre cette fois-ci la première partie de ses souvenirs sur la RDA et un premier billet sur le théâtre de Düsseldorf. Qu'il en soit amicalement remercié.

Vous trouverez ses contributions et d'autres nouveautés dans la rubrique Quoi de neuf ?


Attention ! Exceptionnellement, la prochaine mise à jour n'aura pas lieu dans une semaine, mais vers la fin juin.
Si vous visitez ce site pour la première fois, je vous conseille de consulter la page
"Présentation", qui vous en exposera l'objectif et la philosophie.

Bonne visite et à bientôt !

Jacques Omnès
(6 juin 2010)


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