Editorial


Hoyerswerda (2005) - (C) Jacques Omnès

Qui connaît Hoyerswerda ? Peu de Français sans doute. Certains ont peut-être encore vaguement en mémoire les exactions racistes de jeunes néonazis, qui, du 17 au 23 septembre 1991 s'attaquèrent dans cette ville de l'ex-RDA à des travailleurs étrangers vietnamiens et mozambicains et mirent même le feu à un foyer de demandeurs d'asile.

Mais Hoyerswerda n'est pas une ville touristique. D'où le peu d'intérêt qu'elle suscite vingt ans après. Et pourtant, c'est une ville intéressante. Intéressante par la place particulière qu'elle occupe dans l'histoire de la RDA. Intéressante aussi par le sort qui est le sien dans l'Allemagne réunifiée.

Officiellement, Hoyerswerda était la "deuxième ville socialiste" de l'"Etat ouvrier et paysan", après Stalinstadt (rebaptisée ultérieurement Eisenhüttenstadt). Une ville, où l'on rêvait d'offrir à l'énorme main-d'oeuvre nécessaire pour l'exploitation du lignite de la région, seule grande source d'énergie du pays, des conditions de vie matérielles, sociales et culturelles exemplaires. Le rêve est malheureusement resté en grande partie ... un rêve. Faute de moyens. Et l'on ne retient de l'histoire d'Hoyerswerda que la construction de grands ensembles d'immeubles en éléments préfabriqués (les fameux "Plattenbauten") pour une population multipliée par dix en un peu plus de 25 ans. Sans oublier la pollution par les particules en provenance des exploitations de lignite à ciel ouvert.

Après la réunification, Hoyerswerda a connu le sort de nombreuses villes d'Allemagne de l'est : chômage massif, émigration des jeunes vers l'ouest, perte de nombreux habitants (50 % depuis 1990 dans le cas d'Hoyerswerda !), disparition brutale des cadres sociaux habituels de la population.

Pour toutes ces raisons, j'avais envie de me rendre sur place pour retrouver les traces du passé (la "ville socialiste", ses réussites et ses problèmes) et les réalités d'aujourd'hui (les quartiers désertés et livrés aux démolisseurs, mais aussi les améliorations éventuelles du cadre matériel de vie).

J'ai donc profité d'un voyage dans le sud de l'ex-RDA en 2005 pour découvrir Hoyerswerda. Une incursion beaucoup trop brève pour approfondir toutes ces questions. D'autant que j'ai passé beaucoup du peu de temps dont je disposais à essayer d'interpréter la curieuse confrontation de deux lieux de mémoire dans cette ville. Je n'en dis pas plus. Vous découvrirez dans la suite des notes de voyage de 2005 que je publie cette semaine de quoi il s'agit.

Je suis retourné à Hoyerswerda en 2010. Cette fois j'ai consacré plus de temps à la visite des quartiers désertés par leurs habitants et à leur devenir. J'y reviendrai prochainement sur ce site. Et, bien sûr, j'ai la ferme intention de retourner bientôt à nouveau à Hoyerswerda, cette ville si peu touristique, mais tellement passionnante, parce que représentative des mutations récentes de l'Allemagne.

Vous trouverez le lien vers mes notes et photos ainsi que des liens vers d'autres sujets, comme d'habitude, dans la rubrique Quoi de neuf ?

N'oubliez pas que vous pouvez également suivre à travers mes tweets l'actualité allemande presque au jour le jour.

Si vous visitez ce site pour la première fois, je vous conseille de consulter la page "Présentation", qui vous en exposera l'objectif et la philosophie.

Bonne visite et à bientôt !

Jacques Omnès
(27 août 2011)


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