Editorial

Cette fois, la panne a duré presque un an ! Pas facile de renouer le fil rompu depuis si longtemps.  Mais la volonté est là, à nouveau, de faire vivre ce site. Ce nouveau départ ne devrait pas, cette fois, être un faux départ...

Pendant les longs mois de sommeil de ce site, l'Allemagne a continué de m'occuper pratiquement chaque jour. A travers la presse, la radio, la télévision, les livres. Et cet été, au mois de juillet, il y a eu un nouveau voyage de l'autre côté du Rhin, jusqu'au centre géographique du pays : la Thuringe. Un séjour très agréable et passionnant dans une petite ville peu connue des Français, Bad Salzungen, lovée entre la Rhön et le Thüringer Wald au bord de la Werra. J'avais choisi cette charmante petite ville de cure, non pas pour y soigner une quelconque maladie, mais comme base arrière pour rayonner dans la région à la recherche des traces dans l'ex-RDA de l'exploitation de la potasse et, plus à l'est encore, des anciennes mines d'uranium de la Wismut.

En me rendant sur les lieux, j'avais bien entendu en tête le très beau livre de Volker Braun, "Die hellen Haufen", qui raconte la grève des mineurs de potasse de Bischofferode en lutte contre la fermeture du site, en 1993, trois ans après la réunification. Un combat que l'auteur relie aux souvenirs de la Guerre des paysans du début du 16e siècle et à un de leurs chefs charismatiques : Thomas Müntzer.


Et à Ronneburg, où la société soviéto-allemande Wismut a extrait de l'uranium pour les bombes nucléaires soviétiques, comment ne pas se rappeler les belles pages du roman de Werner Bräunig, "Rummelplatz", interdit de publication à l'époque de la RDA, parce qu'il donnait une image trop crue de la dure réalité, à laquelle étaient soumis les travailleurs dans ce qui constituait alors un Etat dans l'Etat. Aujourd'hui, les terrils radioactifs ont été arasés. Ils ont cédé la place à un immense parc installé à l'occasion des floralies fédérales de 2007. Mais le souvenir de la Wismut vit encore, dans au moins deux musées et dans la mémoire de certains habitants, comme nous avons pu nous en rendre compte.

De tout cela j'essaierai de parler dans les semaines qui viennent. Mais, dans l'immédiat, j'attends avec impatience, comme nos amis Allemands, le résultat du vote de la base du SPD sur l'accord de coalition conclu par sa direction avec la CDU d'Angela Merkel et la CSU bavaroise... L'issue du scrutin serait, selon certains observateurs, incertaine. Beaucoup d'adhérents du parti social-démocrate semblent renâcler. D'autant plus que, contrairement à ce qui s'écrit beaucoup chez nous, les concessions obtenues par le SPD sont, à y regarder de près, assez limitées. Certes, le principe d'un salaire minimum national a été imposé dans la négociation à Angela Merkel, qui n'en voulait vraiment pas. Comme le patronat allemand d'ailleurs. C'était la condition sine qua non du SPD pour accepter une "grande coalition" avec la droite. Mais le principe risque de perdre beaucoup de sa vigueur en entrant dans la réalité. Fixé à 8,50 euros de l'heure, le salaire minimum allemand reste très inférieur au SMIC français. Et il risque de perdre encore beaucoup de son pouvoir d'achat, puis qu'il n'entrera en application que le 1er janvier 2015. Etant entendu que même après cette date - et jusqu'en 2017 - il pourra y avoir des accords de branche dérogeant à la règle des 8,50 euros.

On présente aussi comme une avancée le fait que les salariés âgés de 63 ans pourront partir à la retraite sans être pénalisés, à condition qu'ils aient cotisés quarante-cinq ans ... et donc qu'ils aient commencé à travailler à 18 ans. Voila qui rappelle le tour de passe-passe de la réforme des retraites de M. Hollande en France.

Les Allemands ne s'y trompent d'ailleurs pas. Selon un sondage, 44 % des personnes interrogées estiment que la CDU est la gagnante dans le contrat de coalition. C'est l'avis de 45 % des sympathisants du parti d'Angela Merkel et ... de 51 % des partisans du SPD ! Seuls 24 % des sondés voient le SPD gagnant (22 % seulement des personnes proches du SPD).


Vous trouverez dans la mise à jour des liens vers des documents sur les élections au Bundestag du 22 septembre et l'accord de coalition. Mais vous trouverez également des informations sur cette extraordinaire découverte à Munich, chez Cornelius Gurlitt, d'oeuvres d'art, dont beaucoup étaient tombées frauduleusement entre les mains des nazis. Et à la veille de l'année du centenaire de la Première guerre mondiale j'ai aussi choisi de donner accès à quelques documents intéressants pour cette période.

Dans les semaines qui viennent, les rubriques concernant la RDA, les nouveaux Länder, la littérature retrouveront toute leur place, ainsi que les questions de langue (avec le traditionnel test linguistique).

D'ici là, je vous invite à vous précipiter sur la page Quoi de neuf ?  Bonne lecture et à bientôt !

Jacques Omnès

(2 décembre 2013)
"Mes Allemagnes" signale :
  • Guillaume Duval, Made in Germany - Le modèle allemand au-delà des mythes, Editions du Seuil, 2013 [Excellent !  Et très intéressants pour les nombreuses comparaisons entre la France et l'Allemagne]
  • Bruno Odent, Modèle allemand, une imposture, Le Temps des Cerises, 2013 [Par le spécialiste de l'économie et de la société allemandes à L'Humanité]
  • Sabine Friedrich, Wer wir sind, dtv, 2012 [Un énorme - plus de 2000 pages ! - roman sur la résistance allemande sous le IIIe Reich. Passionnant malgré quelques longueurs et plein d'informations sur les résistants allemands, leurs motivations, leur combat, leur destin souvent tragique]
  • Allemagne d'aujourd'hui, n° 205, juillet-septembre 2013 [Avec un dossier sur les artistes plasticiens de retour d'exil en pays germanophones après 1945]

Vous pouvez également suivre à travers mes tweets l'actualité allemande presque au jour le jour.

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