Krummin (Mecklenburg-Vorpommern)
Peter Jezek, un fan du Tour de France

Mardi 7 Juillet 2010

Partant du manoir de Bömitz, près de Kleinbünzow, où nous sommes hébergés pour deux nuits, USEDOM, le Deauville des Berlinois selon le Guide Vert, nous attire aussi par sa situation de ville frontière avec la Pologne. Entrés par le Sud (pont de Zecherin) nous souhaitons faire une incursion à SWINOUJSCIE, mais nous sommes rebutés tant par la tristesse de la ville et de ses bâtiments délabrés que par le manège des automobilistes allemands qui se pressent pour remplir leurs coffres de denrées et de marchandises de toutes sortes – et surtout à fort bon compte offertes à la vente par une population visiblement dans le besoin.

Revenus sur nos pas, nous faisons étape à AHLBECK avec ses hôtels luxueux, ses villas richement décorées de fer forgé, sa longue jetée avançant dans la mer, puis à HERINGSDORF, où le décor est quasiment identique. Nous poursuivons vers BANSIN, KÖLPINSEE et ZEMPIN. Mais sur cette étroite bande de sable, la circulation devient quasiment impossible et surtout on n’approche pas de la côte. La route vers WOLGAST, que nous voulons aussi visiter, nous propose, à un embranchement, et toujours d’après Michelin « la plus belle Lindenallee de Usedom » (la plus belle allée de tilleuls d'Usedom) en direction de KRUMMIN.

Non loin de la Peene, Krummin possède une jolie petite église datant du 13è, reste d’un couvent de Cisterciennes, sur un léger monticule et à l’ombre de grands arbres.

Le village est minuscule, offre un tout petit port de plaisance pour naviguer tranquillement sur cette grande étendue d’eau que constituent la Peene et le Achtenwasser, quelques maisons et surtout un GartenCafé « Zur Naschkatze » surprenant. Le jardin est superbement fleuri, les tables s’abritent sous des tonnelles, les toiles cirées sont de couleurs vives. Il fait bon s’asseoir et s’apprêter à déguster notre goûter traditionnel (qui nous sert de repas le midi ) Kaffee-Kuchen pour D. et ein Kännchen Kaffee pour moi.

S’approche alors, le plateau à la main, un homme souriant qui porte un T-shirt « Tour de France ». Evidemment, il nous faut savoir : « il » prend les devants et dans un français parfait la conversation s’engage : oui, il est fan du Tour de France dont il a suivi comme cycliste et automobiliste de nombreuses étapes et pendant plusieurs années, à la fois comme sportif et amateur des paysages et villes de France, oui, il admire et pratique la langue française, oui, il se réjouit à chaque fois que des touristes français se présentent (et ils sont bien peu à passer par ici).

Mais que fait-il donc ici ? La réponse n’est pas camouflée, mais laisse entrevoir bien des regrets. Peter Jezek, c’est son nom, enseignait à Greifswald – au Pädagogisches Institut, je crois – mais il est exclu, comme bien d’autres, à la réunification, et ne retrouvera pas de travail.

Cependant, le commerce qu’il tient avec son épouse le satisfait … Et la conversation se poursuit sur tout ce qui nous intéresse dans l’ex-RDA.

En nous quittant, Peter nous demande de bien garder en mémoire « son » décor : pratiquement toutes les fleurs du jardin y sont bleu-blanc-rouge, le drapeau français flotte doucement, l’invitation à parler français est soulignée un peu partout

Jean Pierre Landais
jp2L


Quelques liens

Cliquez sur les images pour les agrandir

















Retour au menu